Attractives et absurdes

Camille Beauplan peint des objets et des lieux qu'elle dépossède de leurs fonctions et qu'elle place dans des univers intrigants et asceptisés où l'homme brille par son absence. 

Un dessert tiré d'un livre de recettes d'Alain Ducasse, si complexe qu'il est probablement irréalisable pour le commun des mortels, devient ainsi le sujet d'une série de peintures teintée de science-fiction ; l'image d'une cuisine contemporaine où la nourriture ne semble pas avoir sa place, se transforme en un inquiétant vaisseau spatial ; un sorbet est cloné à l'infini dans une serre spatiale, etc. 

Dans sa nouvelle série de peintures, Camille Beauplan met en tension des aménagements urbains familiers délaissés par leurs potentiels usagers : jeux pour enfants, parcs d'attractions, modules de skate, cimetières... Des outils inappropriés à leur environnement, leur époque, leur but. Impraticables ou au contraire trop parfaits, il semble dans ces peintures présager avec cynisme une menace et nous emmène à nous interroger sur les raisons de leur présence.

Lumieres fausses, couleurs attractives, perspectives douteuses, ombres absentes, les peintures de Camille Beauplan évoquent une image de synthèse imparfaite, à la fois commune et bizarre, attractives et absurdes.